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OUVERTURE DES JOURNEES

Accueil de Madame Bachelot Narquin
DISCOURS INAUGURAL DE DANIELLE CADET

Madame la Ministre,
Mesdames, Messieurs, mes chers collègues,
Les Directeurs des Soins que nous sommes sont particulièrement fiers et honorés de la présence de notre Ministre, Madame Roselyne BACHELOT-NARQUIN, ce matin. Oui, Madame la Ministre, nous vous sommes très obligés de votre geste qui nous va droit au cœur, aujourd’hui où nous sentons bien que notre place de soignants à l’hôpital risque de nouveau d’être méconnue. A titre personnel, je suis très heureuse de vous accueillir et je vous remercie de votre attention à l’égard des soignants paramédicaux des hôpitaux.
Depuis votre prise de fonctions ministérielles, vous nous avez, vous et vos conseillers, toujours manifestés soutien et écoute. Je veux ici, en particulier, remercier Monsieur Yann BUBIEN qui nous accorde du temps et avec qui nous partageons bien des points de vus sur le fonctionnement hospitalier. Nous sommes conscients de ce que vous avez fait pour nous. La création de l’Ordre Infirmier, l’engagement pour le LMD et la collaboration entre professionnels de santé, le rattachement des Directeurs des Soins au centre national de gestion sont entre autres d’importants travaux ouverts ou aboutis. Aujourd’hui votre temps est compté, Conseil des Ministres oblige, aussi vais-je aller à l’essentiel de ce qui nous préoccupe actuellement.
La Loi Patients Santé et Territoires qui prochainement sera votée et portera votre nom, vous tient à cœur et, vous le savez, nous sommes prêts, comme nous l’avons toujours fait, à nous engager à vos côtés pour réformer. Oui nous l’avons toujours fait mais aujourd’hui, nous souhaitons vous livrer nos préoccupations et propositions.
Nous comprenons que les transformations préconisées dans les établissements publics de santé imposent de se conformer à l’objectif posé. Il faut, nous dit-on, « un vrai chef » à l’hôpital et il est naturel d’accroître les responsabilités des Directeurs et des Médecins. Nous les avons toujours reconnus comme les décisionnaires. Pour autant, les forces vives de l’hôpital, ces soignants qu’aucun malade, aucun travailleur de santé ne remettent en cause ont un rôle capital, loin d’être celui d’un exécutant passif. Si nous avons le droit de contester parfois une prescription médicale qui nous semble non conforme, nous pensons de bonne foi avoir aussi le droit d’être partie prenante, d’être responsable des décisions qui concernent les soins et leur organisation. Nous ne demandons que ce que nous faisons tous les jours, pouvoir, pour le malade, nous faire entendre et être écoutés au plus haut niveau de l’établissement.
Comment faire une équipe gagnante si l’un des pans principaux de l’équipe est absent du staff. Une gestion dynamique réclame la mobilisation, la collaboration et la reconnaissance de tous. Le rôle des cadres n’est plus à démontrer dans la qualité de l’organisation des structures et de la prise en charge des patients. La Loi ne peut les ignorer, sans démotiver davantage des équipes déjà fragilisées par des tourbillons de réformes.
Il nous semble raisonnable de demander instamment qu’un membre des personnels soignants, issu de la Commission des Soins, fasse partie du Conseil de Surveillance. Un membre ne changera pas beaucoup le côté restrictif qu’impose une bonne gouvernance mais tout changera si nous ne considérons pas les soignants comme de simples exécutants.
Les missions des Directeurs des Soins doivent évoluer pour être en cohérence avec la nouvelle gouvernance. Nous nous attacherons à jouer le nouveau rôle alliant stratégie et logistique que l’on attend de nous. Si nous participions au Directoire, comme je le souhaite, notre collaboration dans la restructuration, la création des communautés de territoires est, j’ose le dire, tout à fait incontournable.
Mais aussi il nous faut continuer à veiller à la formation des paramédicaux et en particulier à faire que l’enseignement réponde aux besoins des patients, des services et des établissements. Il nous faudra être attentif à l’adaptation des cadres, à leurs nouvelles missions et, bien sûr, coordonner les actions, toutes les actions afin de maintenir un équilibre entre tous les pôles d’activité.
Nous voulons être partie prenante des soins et de leur qualité, nous voulons être des soignants responsables qui nous engageons à vos côtés, Madame la Ministre, non pas tant par reconnaissance mais parce que nous sommes convaincus que notre travail est utile pour la santé et la société.
Mais je m’arrête, Madame la Ministre, et je ne vais pas insister sur d’autres points que je voulais évoquer, votre temps est trop précieux. De plus, nous vous connaissons et nous savons que, nous soignants, avons sans doute toutes les chances d’être entendus de vous.
Je déclare donc ouvertes les 6èmes journées nationales des Directeurs des Soins.
LE DISCOURS DE MADAME LA MINISTRE
Monsieur le Président Cher Jean-Marie LEGUEN, Madame la Présidente de l’Association Française des Directeurs de Soins Chère Madame Danielle CADET, Mesdames, Messieurs, Chers amis,
L’an dernier, je n’avais pas pu vous rejoindre à Vannes mais aujourd’hui une demi-heure avant le Conseil des Ministres, je vous rejoins dans ces salons de l’Aveyron. Je suis très heureuse d’avoir cette occasion d’être parmi vous, en particulier pour vous présenter rapidement le projet de loi Hôpital Patients Santé Territoires dont ont bien voulu parler Jean-Marie et Danielle. Effectivement, nous allons l’examiner dans quelques semaines au Parlement et il sera présenté au Conseil des Ministres d’ici une quinzaine de jours. Le titre de vos journées c’est organiser, former, innover et finalement le thème que vous avez choisi dit assez bien la préoccupation qui est la vôtre de toujours accompagner et même anticiper les mutations profondes qui sont aujourd’hui à l’œuvre dans le système hospitalier. C’est ainsi que depuis le statut fondateur du corps des Directeurs de Soins le 19 avril 2002, vous vous êtes imposés comme des acteurs indispensables à la tête des instituts de formation et au sein des équipes de Direction des établissements de santé. Beaucoup de chemin a donc été parcouru depuis la création du statut d’infirmier général, membre de l’équipe de Direction depuis 1975. Initiée il y a 3 ans, la réforme de la nouvelle gouvernance dans les établissements a prouvé que les Directeurs de Soins avaient toute leur place dans les Conseils Exécutifs, elle leur a conféré la présidence d’une instance rénovée, la Commission des Soins Infirmiers de Rééducation et Médico-Technique.
Aujourd’hui, j’ai de grandes ambitions pour notre système de santé et je sais pouvoir compter sur vos professions pour les réformes nécessaires. La modernisation c’est parfois tout simplement, reprendre un mouvement bloqué depuis 25 ans, celui des partages des compétences et je rejoins complètement dans son analyse le Président LEGUEN. J’ai voulu faire un geste fort dans cette direction avec la vaccination anti grippale, d’autres réformes suivront, oui, il faut faire évoluer les conservatistes et parfois les combattre. Les techniques ont évolué vous les avez intégrées, des protocoles de soins ont été établis vous les appliquez, la population a vieilli vous la prenez en charge, ces responsabilités il faut les reconnaître et en tirer toutes les conséquences, nous irons plus loin ensemble. Un grand chantier s’ouvre devant nous, vous y serez évidemment pleinement associés.
Revenons au projet de loi puisque c’est aujourd’hui le but de notre rencontre, il contient une mesure essentielle qui vous concerne, vous les Directeurs de Soins et qui est riche de symboles. Ainsi que vous en aviez exprimé le souhait, vous serez désormais comme tous les Directeurs et les Médecins gérés administrativement par le Centre National de Gestion, cette intégration permettra un meilleur suivi de vos carrières et vient confirmer la place qui est la vôtre au sein des équipes de Direction. C’est une mesure légitime et à laquelle je tenais particulièrement. Sur ce dossier, je crois que vous pouvez vraiment remercier Danielle CADET qui est venue me voir en août 2007, quelques semaines après mon arrivée en responsabilité au Ministère de la Santé et qui m’a expliquée à ce moment là pourquoi il était tellement important que les Directeurs de Soins soient gérés par le CNG. Je n’ai pas oublié cet entretien, je n’ai pas oublié cette demande, Danielle CADET vous m’avez convaincue ce jour là et dans la loi je l’ai écrit.
Les Directeurs des Etablissements savent pouvoir continuer à compter sur votre expertise alliée à une connaissance approfondie du terrain. Ils connaissent déjà votre rôle dans la construction des parcours professionnels, dans la gestion très complexe des mutualisations et des restructurations hospitalières, dans l’optimisation des organisations de travail et dans l’amélioration de la qualité qui passe par la gestion des évaluations professionnelles.
Contrairement à beaucoup de lois qui l’ont précédé, j’ai voulu que la loi Hôpital Patients Santé Territoires relève d’une approche globale car on ne peut pas réformer l’hôpital si on ne modifie pas également l’environnement dans lequel il opère. Lorsqu’un médecin généraliste désarmé envoie une personne âgée aux urgences lorsque cette personne, et cela concerne quand même 30% des passages, ne peut être acceptée par des services qui ne savent comment la soigner, lorsque faute de place de lit d’aval elle campe dans les couloirs, finalement n’est-ce pas toute notre politique qui faut repenser pour elle ? Nous devons mettre fin au cloisonnement qui fragilise notre système de santé. Le titre 1 de la loi traite de la modernisation des établissements de santé, leurs missions sont réaffirmées et les missions de service public spécifiquement identifiées. Tout le monde ne peut plus tout faire, ce sera à l’Agence Régional de Santé de définir, en concertation avec les offreurs de soins, les missions qui doivent être assurées pour répondre aux besoins de la population, dans une logique de gradation des soins et de meilleure utilisation des ressources médicales.
La qualité et la sécurité des soins sont réaffirmées comme des missions essentielles qui devront être mesurées par des indicateurs et une plus grande liberté sera laissée aux établissements dans le choix des moyens pour les mettre en œuvre. Je souhaite que se développe une véritable culture de la qualité et de la sécurité avec la mise en place d’une politique de gestion des risques opérationnels. Vous y aurez toute votre place, vous seuls avez une vision transversale des processus de soins et des voies d’amélioration.
Les statuts des établissements publics sont modifiés, et le Conseil d’Administration remplacé par un Conseil de Surveillance recentré sur ces missions stratégiques et de contrôle. Les responsabilités du Directeur, Président du Directoire, sont clarifiées dans un partenariat étroit avec le Président de CME qui devient Vice-Président du Directoire. Les Directeurs de Soins ont naturellement leur place au sein du Directoire. Je vous ai entendus, pour moi c’est simple je ne vois pas comment un chef d’établissement peut se passer au sein du Directoire du Directeur des Soins garant de la qualité des soins, relais entre la direction, les cadres et les paramédicaux, j’ai entendu votre préconisation elle sera observée.
Vous avez mentionné, Chère Présidente, les communautés hospitalières de territoires, leur but sera d’offrir une palette de soins adaptée et complémentaire à l’ensemble de la population du territoire de santé, il s’agit de conjuguer au mieux proximité et sécurité par une gradation des soins. Il ne s’agit pas de hiérarchiser les établissements ou de mettre certains sous l’autorité d’autres mais de permettre à tous d’assurer leur spécialité de la meilleure manière possible. Les établissements devront également coopérer d’avantage avec le secteur ambulatoire et tous les professionnels de santé libéraux. Ce sont eux qui constituent le premier recours aux soins pour la population et il devient nécessaire de proposer une organisation souple mais néanmoins structurante de ce niveau. L’hôpital ne pourra être recentré sur ses missions que si la population trouve des réponses de proximité à ses demandes de soins. Pour cette raison, le titre 2 du projet de loi s’intitule « accès de tous à des soins de qualité ». Les mesures de santé publique du titre 3 de la loi donnent un signe fort de l’importance que j’accorde à l’accès de tous à la santé, les inégalités dans l’accès à la prévention doivent être combattues. Qui peut rester insensible, par exemple, à la consommation croissante d’alcool chez les jeunes, qui n’est pas inquiet de voir des cigarettes au goût de bonbons tenter les enfants pour les rendre plus dépendants à la nicotine, nos jeunes doivent être protégés, il est de notre responsabilité il est de mon devoir de réagir. Quant à l’éducation thérapeutique, elle est non seulement un gage d’amélioration des soins mais un outil de démocratisation de la santé, nous devons répondre aux souhaits des patients de mieux prendre en charge leur santé et cette éducation thérapeutique, elle est évidemment de la responsabilité de l’ensemble des secteurs de soins l’hôpital comme l’ambulatoire et bien sûr le médico-social. La réussite de ces mesures passe donc par une bonne coordination. Vous le savez bien, vous le constatez tous les jours, pour le patient la difficulté n’est pas d’être hospitalisé mais d’être orienté vers l’établissement qui correspond à ses besoins et d’être pris en charge à sa sortie. Les liens avec le secteur médico-social et la prévention sont indispensables et la coordination entre les secteurs ambulatoire et hospitalier n’est pas optionnelle, elle est constitutive de la qualité de la prise en charge. Vous y contribuez d’ailleurs largement dans vos établissements, les agences régionales de santé qui sont donc instituées dans le titre 4 de la loi assureront cette mission. Je suis évidemment à l’écoute de vos propositions et de toutes les idées que vous pourrez porter pour aborder les grands chantiers qui nous attendent à l’hôpital. Nous avons, et ce n’est pas une clause de style, nous avons besoin de vos compétences et de votre savoir faire, pour organiser, former, innover. La fédération de toutes les énergies est une condition majeure pour assurer la modernisation de notre hôpital. Vous êtes au premier rang de ceux qui la conduiront.
Depuis ma nomination comme Ministre de la Santé, de la Jeunesse des Sports et de la Vie Associative, j’ai toujours, vous le rappeliez chère Danielle CADET, porté la plus grande attention à votre profession. J’en veux pour preuve la mise en place de l’Ordre Infirmier, mon engagement indéfectible en faveur du processus européen de reconnaissance LMD et le décret sur la vaccination anti-grippale mais ma liste n’est pas exhaustive. Tout récemment, j’ai nommé pour la première fois depuis la création du corps, une Directrice des Soins comme Conseillère Générale des établissements de santé, Michèle BRESSAND a ouvert la voie et je m’en réjouis.
Enfin, je souhaite conclure mon intervention en parlant de vous chère Présidente, même si ca ne vous fait pas très plaisir, juste pour vous dire que vous êtes une formidable Présidente de l’Association Française des Directeurs de Soins que vous soutenez avec beaucoup de sensibilité et de ténacité les intérêts de vos adhérents et c’est donc avec un vrai grand plaisir que dans deux petites semaines je vous ferai Chevalière de la Légion d’Honneur, vous l’avez bien mérité.
Merci à tous, à toutes, bonne journée de travail et si vous me permettez quelque chose qui n’est pas du tout dans le programme, c’est aujourd’hui le 1er octobre c’est l’ouverture d’octobre rose, le mois du dépistage du cancer du sein, il y a beaucoup de femmes ici, beaucoup de soignantes, je voulais rappeler dans un cadre de santé publique les objectifs de dépistage, faites vous dépister et faites dépister les personnes dont vous avez la charge.
Merci.
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